Actualité : Bientôt des puces au cœur des textiles et papiers
 

11-2004

Patrick Bonnefond, Directeur Général de Sofileta

Rien ne prédisposait les laboratoires de pointe du CEA à Grenoble et des PME du textile ou de la papeterie, des activités implantées historiquement au nord du département de l’Isère, à se rencontrer. La plate-forme expérimentale Metis, lancée à l’initiative du Conseil général, de l’AEPI et de la ville de Bourgoin-Jallieu, parie sur ce rapprochement audacieux pour favoriser la diffusion des micro et nanotechnologies au coeur de ces industries traditionnelles.

En tant qu’industriel du textile, qu’attendez-vous du projet Metis ?
Nous employons 286 salariés en Isère : 50 % de notre chiffre d’affaires, de 75 millions d’euros, sont réalisés à l’export avec des produits aussi variés que la mode ou les textiles techniques…
Le seul moyen pour nous de rester compétitifs face à la concurrence des pays à bas coûts de main-d’oeuvre, c’est l’innovation permanente, un critère essentiel pour trouver de nouveaux relais de croissance. Or une PME de notre taille n’a pas les moyens de financer des contrats de recherche à long terme. Pour nous, travailler avec de grands labos comme le CEA paraissait inaccessible. En nous regroupant avec quatre autres entreprises du textile (Piolat, SIEGL et Filaxetor) et du papier (Arjowiggins), et avec le soutien financier des collectivités locales, nous pouvons initier ce travail en réseau. C’est un fabuleux réservoir d’idées nouvelles qui s’ouvre à nous. Notre objectif est d’arriver d’ici à deux ans à des prototypes commercialisables.

Par exemple ?
On peut imaginer des capteurs intégrés dans le textile qui permettraient de réguler le stress ou la transpiration, ou encore d’utiliser le tissu comme un support pour de l’électronique embarquée. Ainsi instrumenté, le textile autoriserait le suivi de personnes dépendantes à domicile, ou encore celui des colis, et la lutte contre la contrefaçon… Toutes les pistes sont ouvertes. Pour l’instant, un ingénieur détaché du CEA et un chercheur recruté par la plate-forme Metis constituent l’indispensable courroie entre tous les acteurs pour explorer les possibilités entre tous les partenaires. Nous sommes convenus de faire un bilan au bout d’un an et si nos espérances se confirment, une nouvelle phase de deux ans sera engagée.


> Source : Grenoble Isere report - Octobre 2004

 
 

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