| Patrick
Bonnefond, Directeur Général de Sofileta
Rien ne prédisposait les laboratoires de pointe du CEA
à Grenoble et des PME du textile ou de la papeterie, des
activités implantées historiquement au nord du département
de l’Isère, à se rencontrer. La plate-forme
expérimentale Metis, lancée à l’initiative
du Conseil général, de l’AEPI et de la ville
de Bourgoin-Jallieu, parie sur ce rapprochement audacieux pour favoriser
la diffusion des micro et nanotechnologies au coeur de ces industries
traditionnelles.
En tant
qu’industriel du textile, qu’attendez-vous du projet
Metis ?
Nous
employons 286 salariés en Isère : 50 % de notre chiffre
d’affaires, de 75 millions d’euros, sont réalisés
à l’export avec des produits aussi variés que
la mode ou les textiles techniques…
Le seul
moyen pour nous de rester compétitifs face à la concurrence
des pays à bas coûts de main-d’oeuvre, c’est
l’innovation permanente, un critère essentiel pour
trouver de nouveaux relais de croissance. Or une PME de notre taille
n’a pas les moyens de financer des contrats de recherche à
long terme. Pour nous, travailler avec de grands labos comme le
CEA paraissait inaccessible. En nous regroupant avec quatre autres
entreprises du textile (Piolat, SIEGL et Filaxetor) et du papier
(Arjowiggins), et avec le soutien financier des collectivités
locales, nous pouvons initier ce travail en réseau. C’est
un fabuleux réservoir d’idées nouvelles qui
s’ouvre à nous. Notre objectif est d’arriver
d’ici à deux ans à des prototypes commercialisables.
Par
exemple ?
On peut
imaginer des capteurs intégrés dans le textile qui
permettraient de réguler le stress ou la transpiration, ou
encore d’utiliser le tissu comme un support pour de l’électronique
embarquée. Ainsi instrumenté, le textile autoriserait
le suivi de personnes dépendantes à domicile, ou encore
celui des colis, et la lutte contre la contrefaçon…
Toutes les pistes sont ouvertes. Pour l’instant, un ingénieur
détaché du CEA et un chercheur recruté par
la plate-forme Metis constituent l’indispensable courroie
entre tous les acteurs pour explorer les possibilités entre
tous les partenaires. Nous sommes convenus de faire un bilan au
bout d’un an et si nos espérances se confirment, une
nouvelle phase de deux ans sera engagée.
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