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Le SOI
va peu à peu se substituer au silicium comme matériau
de base de la micro-électronique.Un mouvement irréversible
, assure Jean-Michel Lamure.
Sûr de ses convictions, le cofondateur de Soitec, qui revendique
déjà 80% du marché mondial du matériau
SOI, vient d'inaugurer à Bernin sa deuxième unité
de production, portant à plus de deux millions de plaques
par an sa capacité de production. Située juste en
face du nouveau site de ses voisins et clients STMicroelectronics,
Philips et Motorola, c'est aussi l'une des usines les plus performantes
dédiée à des tranches de 300 mm de diamètre
-le format qui commence à être utilisé par les
majors de cette industrie pour les composants les plus avancés.
Un investissement de 85 millions d'euros pour la seule année
2002, qui va donner à Soitec les moyens de suivre la montée
en puissance des besoins :en mars prochain, 400 personnes devraient
travailler pour la société contre 335 aujourd'hui.
En dix ans, la jeune pousse créée par d'anciens chercheurs
du laboratoire d'électronique de technologie et d'instrumentation
(Léti) du CEA, à Grenoble, a drôlement grandi.
Son pari ? Réussir à faire du SOI un matériau
standard pour les composants de masse, animant les téléphones,
consoles de jeux, capteurs de puissance pour l'automobile et tous
les objets portables.
Pour cela, un long bout de chemin a été parcouru !
Il faut attendre le début des années 80 pour voir
les premières applications industrielles, dans le militaire
et le spatial. Premier avantage des circuits sur SOI :ils fonctionnent
sans faillir dans les conditions les plus critiques, y compris sous
bombardements ioniques ou dans des températures extrêmes.
Ceci, grâce à cette couche de matériau monocristallin
isolant qui préserve des perturbations le transistor (de
plus en plus fin et donc de plus en plus sensible)
Mais à
cette robustesse s'ajoutent d'autres qualités quideviendront
de plus en plus précieuses avec l'évolution de la
micro-électronique.
A consommation égale, les puces SOI fournissent une puissance
décuplée par deux :Philips a été le
premier à les utiliser dans un amplificateur audio.
Peu énergétiques, elles produisent moins de calories
et nécessitent moins d'être refroidies, ce qui est
très appréciable notamment dans les gros serveurs
informatiques, mais aussi pour les fabricants de téléphones
portables, qui gagnent en autonomie ! D'où le succès
croissant du SOI.
Encore fallait-il croire et investir sur ce matériau, ce
qui n'avait rien d'évident il y a une vingtaine d'années.Le
laboratoire du Léti à Grenoble a été
visionnaire.
Il a mis le paquet sur la R&D dans ce domaine et obtenu rapidement
des résultats publiés au niveau mondial, quand tous
les centres de recherche s'intéressaient plutôt au
transistor lui-même , rappelle Michel Bruel, chercheur
au CEA à l'origine de l'aventure.
La difficulté ensuite a consisté à produire
de façon industrielle et à moindre coût un monocristal
sans défaut. C'est là qu'interviennent les fondateurs
de Soitec.
A sa création en 1992, la jeune start-up met en uvre
sur la ligne pilote du Léti un procédé d'implantation
ionique, le Simox, encore utilisé par ses concurrents.
Quatre
ans plus tard, forte de la licence exclusive d'un brevet du Léti
déposé par Michel Bruel, la PME iséroise lance
une nouvelle technologie de fabrication, le Smart-Cut. Le Japonais
SEH l'aide à financer sa première usine.Aujourd'hui,
ce procédé est en passe de s'imposer comme un standard
du marché :SEH vient de lancer sous licence d'exploitation
sa propre source de production au Japon.
Nous sommes en pourparlers avec d'autres licenciés
potentiels dans le monde, ce qui permettra de diversifier les possibilités
d'approvisionnement pour nos clients , dévoile Jean-Michel
Lamure.
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D'autres
développements attendus...
La miniaturisation des circuits et le boom des nanotechnologies
font aussi le lit du SOI.
Cette technologie se révèle en effet idéale
pour obtenir les couches très fines, requises par les
circuits de nouvelle génération
En marge
de sa nouvelle unité, Soitec vient de construire à
Bernin un laboratoire commun de 600 m2 avec le Léti,
son partenaire depuis toujours, qui planchera sur ces nouvelles
applications.
Soisic se penche sur la conception des circuits SOI.
L'un des problèmes actuels du SOI réside dans
le design des circuits.
Soisic, une start-up créée en avril 2001 par
deux chercheurs du CEA Grenoble, est la première à
commercialiser des outils automatisés, dédiés
à ceux qui conçoivent des puces avec cette nouvelle
technologie, et qui sont compatibles avec les logiciels de
CAO existants. Forte d'une première levée de
fonds de 4 millions d'euros, la jeune société
grenobloise
emploie déjà 25 salariés, dont 12 dans
son antenne parisienne.
Elle lance aujourd'hui son premier produit.
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Jean-Michel Lamure
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