N° 6 - Janvier 04
Au sommaire :

   

EDITO :
La formation : un atout décisif

 

Nanotechnologies : formations d'excellence à Grenoble sous le signe du partenariat

Il est beaucoup question ces temps-ci d’innovation. En effet, l’innovation est considérée comme le moteur de la croissance nécessaire au développement économique. C’est particulièrement le cas dans le domaine qui nous concerne : la microélectronique.
Avec une délocalisation inévitable des fabrications à fort contenu de main d’œuvre, indispensable pour assurer la compétitivité de nos sociétés, la seule arme pour maintenir sur le sol français un tissu industriel est un effort d’innovation sans précédent pour concevoir des produits à forte valeur ajoutée. Les composants semi-conducteurs ont été le moteur essentiel des avancées technologiques dans des domaines variés d’activité. Sans eux, l’industrie de l’informatique, de l’internet, des communications fixes et mobiles, de l’électronique automobile, du divertissement électronique, etc. n’aurait pas bénéficié des progrès actuels ou n’aurait tout simplement existé que dans nos rêves. Le marché du semi-conducteur, malgré les crises cycliques, bénéficie en moyenne d’une croissance de plus de 10 %, chiffre que peu d’industries atteignent.Tout pays développé doit avoir les moyens de participer à ce marché.
Le positionnement de la France dans ce marché ne pourra s’affirmer qu’à travers des efforts d’innovation, reposant notamment sur l’expertise des ingénieurs et scientifiques dans le domaine de la microélectronique et des nanotechnologies. L’expertise s’acquiert à travers l’expérience, mais aussi par la formation initiale à la base du développement de cette expertise. Nous avons en France la chance d’avoir un niveau et une qualité d’enseignement que beaucoup nous envient. Capitalisons sur cet atout majeur, mais faut-il encore que les moyens matériels et humains nécessaires pour soutenir le développement de la formation soient accrus (personnel enseignant, équipements et infrastructures des laboratoires publics de recherche, des écoles d’ingénieurs, et des universités). Ceci doit être une priorité nationale dans l’affectation des budgets de l’Etat.
La formation doit se faire en concertation avec les industriels concernés et tenir compte de l’évolution rapide des systèmes électroniques, de la convergence des applications, de l’apparition des microsystèmes et de ce que l’on peut appeler la “bioélectronique”.
Il est absolument essentiel d’anticiper les nouveaux besoins en ingénieurs, techniciens et universitaires en couvrant toute la chaîne de la valeur des différentes fonctions : de l’intelligence du marché à la commercialisation en passant par le marketing stratégique, l’analyse systèmes, la conception, le développement technologique, la fabrication, le packaging, le test…
Chaque métier demande des compétences différentes, mais tous exigent une formation scientifique et pluridisciplinaire. Si on considère les microsystèmes, ils font appel à des connaissances aussi variées que l’électronique, la micromécanique ou la thermomécanique des milieux hétérogènes.
Dans le domaine de la formation, la tendance est de se focaliser sur l’enseignement de la microélectronique numérique, mais il ne faut pas oublier la microélectronique analogique – notre monde n’est pas uniquement binaire –, la puissance, les capteurs, les logiciels, tout système électronique complet faisant appel à ces différentes disciplines. Dans le sens de ce qui vient d’être décrit ci-dessus, de nombreuses initiatives ont vu le jour, rapprochant le monde universitaire du monde industriel : des laboratoires universitaires dans l’enceinte de l’entreprise, le GIP CNFM (groupement d’intérêt public pour la coordination nationale de la formation en microélectronique), des plateformes technologiques primaires et secondaires avec leur spécificité propre et, tout récemment, le pôle d’innovation en micro et nanotechnologies Minatec et le centre de formation d’ingénieurs de Gardanne. Toutes ces initiatives ont en commun le souci de dispenser une formation de qualité nécessaire au développement de notre industrie.
Leur succès dépendra de :
• l’investissement humain et matériel dont ils disposent,
• des relations européennes et internationales qu’elles auront établies avec des centres similaires : échanges d’étudiants, de chercheurs…
• de la coopération en réseau avec les différents laboratoires nationaux et étrangers.
La formation initiale devra être complétée par une formation continue, nécessaire pour s’adapter à l’évolution rapide des systèmes électroniques et à son impact sur les différentes disciplines. Il ne faut pas négliger l’effort personnel exigé des ingénieurs et universitaires qui doivent constamment faire preuve de curiosité intellectuelle en débordant du cadre strict de leur spécialité. Pour autant une offre attractive seule ne suffit pas : il est urgent aussi, pour “nourrir” ces formations, de réhabiliter l’intérêt des lycéens et des étudiants pour les disciplines scientifiques, car actuellement nous assistons à une désaffection pour celles-ci. Ceci doit être fait à travers une campagne de sensibilisation dès l’enseignement secondaire.
La prise de conscience collective de ces dernières années nous amène à être optimiste et confiant dans l’avenir de la microélectronique et des nanotechnologies dans notre pays. Nous avons tous le devoir de protéger notre industrie en utilisant les atouts qui sont les nôtres, dont la formation est un élément capital.
Michel Dumont, président du Sitelesc (Syndicat des industries des tubes électroniques et semi-conducteurs)


Le chantier

Première concrétisation de Minatec : la démolition en septembre dernier d’anciens bâtiments du Polygone scientifique de Grenoble. Depuis les parkings du Pôle ont été réalisés. Le chantier (44.000 m2 construits) sera terminé en septembre 2005.

 


Des étudiants en formation dans la salle blanche du CIME

Avec la dynamique de l’industrie microélectronique et pour répondre à une évolution vers les nanotechnologies et vers l’intégration de systèmes hétérogènes (systèmes sur puce, microsystèmes…), les nouvelles formations sont nécessairement pluridisciplinaires, avec une ouverture importante à l’international.
Pour atteindre cet objectif, les universités doivent utiliser au mieux leurs domaines d’excellence, et créer des partenariats forts : “Plusieurs formations ont été construites sur cette base dans notre établissement”, explique Paul Jacquet, président de l’INP Grenoble. “Nous ouvrons en 2004 une formation d’ingénieur international en nanotechnologies, en commun avec le Politecnico de Turin et l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne, et bientôt un master professionnel sur les hautes technologies ultrapropres. Nous sommes également impliqués, en partenariat avec l’UJF et le CEA Grenoble, dans une école européenne sur les nanosciences et les nanotechnologies dont la première édition aura lieu dès l'été 2004, et dans la préparation d’un nouveau master sur les nanosciences. De plus, pour répondre à une demande des entreprises en formation continue, nous mettons en place un diplôme d’ingénieurmanager avec Grenoble Ecole de Management.” Ainsi les projets grenoblois ne manquent pas, et proposent une offre de formation globale, que ce soit en formation initiale ou continue :
Mis en place à la demande du secteur industriel, et dans le cadre du projet Minatec, le diplôme d’ingénieur en nanotechnologies associe l’excellence, en formation et en recherche, de trois universités européennes (Grenoble, Lausanne,Turin) dans le domaine des micro et nanotechnologies. Il vise à donner aux futurs ingénieurs une culture large et internationale dans ce domaine.
Destiné à un public en formation continue, le diplôme d’ingénieur-manager, est issu d’un partenariat entre Grenoble Ecole de Management et l’INP Grenoble. Proposé à des cadres techniques, il leur permettra d’acquérir un diplôme d’ingénieur qui renforcera leurs compétences techniques et les formera à l’entrepreunariat. Parmi les trois filières ouvertes, une filière sera spécialisée en micro et nanoélectronique.
Ciblant un public de jeunes chercheurs européens, la nouvelle Ecole européenne des nanosciences et des nanotechnologies (ESONN) s’appuiera sur les fortes compétences en recherche de l’INP Grenoble, de l’UJF, du CEA-Léti et du CNRS. Elle s’adresse à des étudiants de niveau doctorat, à des chercheurs post-doctoraux, à des ingénieurs de recherche et développement. Le point fort de cette école est de développer une formation par l’expérimental, touchant en particulier aux méthodes et à l’instrumentation. Ce dernier volet constituera la partie importante du programme de l’Ecole : 10 jours au sein du CIME et des laboratoires grenoblois (CEA-Léti, CNRS et UJF). Sa première édition aura lieu du 22 août au 10 septembre 2004.
Orienté vers les nanosciences, un nouveau master devrait voir le jour à la rentrée 2005. Dans un premier temps, des modules de formation seront mis en place dans le cadre de la formation professionnelle continue. Cette action rassemblera autour d'un consortium d'actions le CEA, l'INP Grenoble et l'UJF.
Visant à former des cadres spécialistes des technologies ultrapropres de l’environnement industriel, un master professionnel “Procédés de hautes technologies ultrapropres” devrait ouvrir à la rentrée 2005. Ce projet est porté par l’INP Grenoble. Les formations mises en place localement s’adressent également aux techniciens et aux opérateurs de production ;
Les techniciens supérieurs peuvent compléter leur formation initiale en suivant une troisième année d’études dans le cadre d’une licence professionnelle intitulée "Microélectronique et microsystèmes", initiée par l'IUT 1 - Département “Génie électrique et informatique industrielle 2” de l'UJF et soutenue par des industriels régionaux (STMicroelectronics, Soitec, Dolphin Intégration, Radiall…). Le contenu de cette filière dont la première promotion a débuté en octobre 2003 spécialisera ces techniciens en test et caractérisation et leur permettra de travailler au plus près des ingénieurs produits et de leurs préoccupations ; il a été construit en partenariat avec le CEA Grenoble dans le cadre de Minatec.
Une formation d’opérateurs de production destinés à travailler en salle blanche sur les procédés de microtechnologies vient d’être mise en place. Elle a été dispensée dans sa toute première édition entre mars et novembre 2003 conjointement par le CUEFA et le CEA-Léti. Soutenue par les collectivités locales, cette formation qualifiante présente l’intérêt fondamental de comporter une mise en situation pratique en salle blanche (locaux du CIME et du CEA-Léti), complétée par un stage de six semaines en entreprise. Par ailleurs, avec l’installation sur le pôle Minatec de 700 m2 de salles blanches pour le CIME, les universités grenobloises disposeront en 2005 de la plus importante plateforme de formation en micro et nanotechnologies. Le dispositif de formation intégré au Pôle Minatec se caractérise donc à la fois par son adaptation permanente et dynamique à l’évolution des recherches et des technologies dans les micro et nanotechnologies, et par sa large ouverture qui lui permet de proposer une offre ciblant une large population allant du chercheur à l’opérateur de production.
Nadine Guillemot, vice-présidente du Conseil des études et de la vie étudiante de l’INP Grenoble, Chantal Tardif, chargée au CEA de la formation dans Minatec.


Formation continue dans une salle blanche du CEA-Léti.

Les chiffres des formations initiales à Grenoble dans le domaine des micro et nanotechnologies
Filières actuelles :
• Licence professionnelle (bac + 3), UJF : 22 diplômés en 2004,
• 4 spécialités de master (bac + 5), cohabilitées UJF et INPG : 100 diplômés en 2004,
• 15 filières Ingénieur INPG (bac +5) : 300 diplômés en 2004.
Formation ouvrant en 2004 :
La filière Ingénieur International (co-diplôme INP Grenoble-Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne-Politecnico di Torino) d’une durée de deux ans verra ses premiers diplômés sortir en 2006. Flux prévu : entre 45 et 60 étudiants pour les trois universités.
Formations prévues en 2005 :
• Master professionnel “Procédés de hautes technologies ultrapropres” : cette formation d’un an est portée par l’ENSEEG.
• Master recherche en nanosciences : cette formation est issue d’un partenariat UJF-INP Grenoble-CEA-INSTN.
 

Le premier diplôme d’ingénieur “international” en nanotechnologies

L’INP Grenoble, l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne et le Politecnico de Turin s’associent pour mettre en place une formation internationale d’ingénieur en nanotechnologies.
Omniprésents dans la vie quotidienne, les produits microtechniques sont encore susceptibles de miniaturisation plus poussée. Cette miniaturisation passant par la maîtrise des technologies micrométriques et nanométriques, il est aujourd’hui nécessaire de former des ingénieurs ayant une excellente connaissance de ces techniques. Par ailleurs, l'utilisation de ces nanotechnologies est également indispensable au développement de l’instrumentation et à la formation en nanosciences. C’est à ce type de missions que prépare le diplôme d’ingénieur international en nanotechnologies.
Ce diplôme bénéficiera de l’excellence en formation et en recherche des trois universités européennes (Grenoble, Lausanne,Turin) qui l’ont conçu. Formés aux microsytèmes, à la conception microélectronique et aux nanotechnologies, sur les trois sites et en trois langues (anglais, français et italien), les futurs ingénieurs nanotechnologues suivront un programme d’une durée de deux ans, divisé en quatre semestres : trois semestres partagés sur les trois établissements et un semestre de projet dans l’industrie ou en laboratoire de recherche, ce qui facilitera leur insertion dans le monde professionnel. Dans le cadre du projet Minatec, le cursus sera assuré par l’ENSERG et l’ENSPG pour l’INP Grenoble.
Entre 45 et 60 places seront ouvertes en septembre 2004 aux étudiants des trois universités ; les premiers ingénieurs seront diplômés en juillet 2006. Soulignons l’originalité de cette formation qui donnera lieu à un diplôme commun INPGEPFL- Politecnico de Turin d’ingénieur en nanotechnologies et sera, en France, la première formation de cette nature.
Bernard Guérin (directeur de l’ENSERG) et Roland Madar (directeur de l’ENSPG)
Contact : Youla Morfouli, ENSERG (morfouli@enserg.fr)


Les ambitieux projets de développement du CIME.

Créé en 1981 par l’Institut National Polytechnique de Grenoble et l’université Joseph Fourier, le CIME (Centre interuniversitaire de microélectronique) a pour mission de soutenir l’enseignement et la recherche dans le domaine de la microélectronique.
Depuis trois ans, ce domaine s’est étendu aux microsystèmes en silicium, avec la mise en place d’une plateforme MEMs pour concevoir, fabriquer et tester des systèmes hétérogènes. Plus récemment, le CIME a mis en service deux plateformes spécifiques, dans une perspective de thématique interdisciplinaire, la première consacrée aux biopuces, la seconde à l’enseignement des micro et nanotechnologies :
la plateforme biopuces, mise au point avec le soutien des équipes du CEA-Léti et inaugurée en janvier 2003, utilise un procédé de fabrication qui comprend six étapes, dont une partie est réalisée dans les salles blanches du CIME. Grâce au soutien de la Région Rhône-Alpes et de l’INP Grenoble, le CIME a pu s’équiper d’une machine de gravure profonde pour réaliser les microréacteurs, d’un robot de dépôt pour installer les cibles et d’un microscope dédié à la détection par fluorescence équipé d’une caméra et d’un traitement d’image. En 2003, cette plateforme a vu passer sa première promotion d’étudiants venus de l’Ecole nationale supérieure de physique de Grenoble (ENSPG). D’ores et déjà son intérêt a dépassé le cadre grenoblois avec la venue d’étudiants de l’Ecole centrale de Lyon.
l’installation d’une troisième plateforme dédiée aux nanosciences et nanotechnologies s’inscrit pour le CIME dans le cadre du lancement d’un nouvel et ambitieux programme dans ce domaine. Soutenue par la Région, l’INP Grenoble et l’UJF, cette plateforme nommée “Nanomonde” a vu arriver cet automne ses premiers équipements : un microscope à force atomique (AFM), un microscope à effet tunnel (STM) et un profilomètre optique. Dès 2004, deux cycles de travaux pratiques d’une vingtaine d’heures chacun seront proposés dans les thématiques de la nanophysique et des nanosciences. La mise en place de ces deux nouvelles plateformes aura nécessité un investissement total de 330.000 € financé par la Région et les universités concernées. Avec le développement des nouvelles formations à l’INP Grenoble et l’UJF, ce seront quelque deux cents étudiants par an qui viendront effectuer des travaux pratiques sur ces plateformes en 2003-2004.
Grâce à une démarche interuniversitaire bien comprise et au soutien financier de ses partenaires, le CIME anticipe son arrivée sur le pôle Minatec par ses développements et, avec l’appui du plus grand nombre, il entend relever les défis qui s’annoncent dans les prochaines années dans le domaine de la microélectronique.
Christian Schaeffer, directeur du CIME - Contact : christian.schaeffer@inpg.fr


L’antenne INSTN de Grenoble coordonne ses programmes avec ceux de Minatec

C’est au milieu des années 50, à la faveur de l’expansion du nucléaire et de la formation au “génie atomique”, qu’une collaboration s’installe entre l’INP Grenoble et l’Institut national des sciences et techniques nucléaires (INSTN), établissement d’enseignement supérieur fondé par le CEA et dont la direction est basée à Saclay (région parisienne).
Au début des années 80, la création de l’antenne grenobloise de l’INSTN permet de multiplier les collaborations avec les partenaires académiques. Celles-ci se traduiront par la mise en place de DEA, dans des domaines corrélés avec les avancées scientifiques et technologiques du CEA : physique, mécanique et énergétique, matériaux et génie des procédés, électronique, électrotechnique, automatique, télécommunications et signal. Le développement de formations professionnelles pour les salariés du CEA constitue le second volet des activités de l’antenne.
Aujourd’hui, la région grenobloise, moteur de l’innovation et de la valorisation industrielle de la recherche, est au cœur de la dynamique qui se crée autour des micro et nanotechnologies et de l’aménagement de Minatec, des nouvelles technologies de l’énergie (NTE), des biotechnologies avec le futur pôle “Nanobio”. Ce changement de contexte coïncide avec la mutation prochaine d’un système universitaire où l’entrée en vigueur du dispositif LMD (licence, master, doctorat) contribuera à bâtir l’espace européen de l’enseignement supérieur. Dans cette conjoncture, la direction de l’INSTN a pris le parti de faire évoluer les activités de l’antenne qui va donc s’attacher à développer des formations en cohérence avec les thématiques de recherche et les compétences du site. L’initiative a recueilli l’adhésion de la direction du centre CEA de Grenoble et des partenaires universitaires.
La thématique “microélectronique, nanosciences et nanotechnologies” donnera lieu à la mise en place, dès 2004, de sessions professionnelles qui serviront de base à la création d'un master universitaire européen.
Les NTE – hydrogène et pile à combustible, photovoltaïque, maîtrise de l’énergie – feront l'objet d'une réflexion animée par la direction de la recherche technologique et l’INSTN.
Des formations dans le domaine des nanobiotechnologies et des instrumentations associées seront ensuite envisagées.
En choisissant de réorienter l’essentiel des activités de l’antenne vers ces trois domaines d’excellence, l’INSTN marque bien sa volonté de participer et contribuer aux développements futurs du pôle grenoblois. Cela se concrétisera par la conception et la réalisation de nouveaux programmes d’enseignement et de formation continue aussi attractifs que possible pour se concilier avec l’ouverture européenne.
Dominique Gentile, directeur de l’INSTN–CEA, professeur des universités
Contact : chantal.tardif@cea.fr


Plus de 9.000 m2 pour la formation

Le pôle Minatec accueillera, sur 9000 m2, deux écoles d'ingénieurs, une partie du Département Télécommunications ainsi que plusieurs formations doctorales du groupe INP Grenoble :

l'ENSERG qui forme des ingénieurs pour les métiers de l'électronique et des télécommunications (microélectronique, optoélectronique, radiocommunications, traitement de l'information, multimédia...). L'ENSERG se positionne au plus haut niveau de la formation dans les technologies submicroniques de l'avenir et les objets communicants (portables, PDA,...) ;

l'ENSPG, qui forme des ingénieurs physiciens capables de maîtriser les processus physiques et de faire évoluer les technologies qui en découlent. L'ENSPG prépare à des métiers des secteurs du génie énergétique et nucléaire, de l'instrumentation, notamment pour les biotechnologies (biocapteurs et biomédical), des matériaux, de la microélectronique et de l’optoélectronique ;

le Département Télécommunications qui s'appuie sur les compétences de l'ENSERG et de l'ENSIMAG (spécialité informatique) et forme des ingénieurs ayant la double compétence nécessaire pour aborder tous les aspects des nouvelles technologies et des services de communication (architecture des équipements, transmission, réseaux et multimédia).


Cet ensemble sera complété par les plateformes technologiques du CIME (voir ci-dessus) et du LHOG destinées à la formation pratique des étudiants. Ainsi le pôle accueillera près d'un millier d'étudiants et 300 enseignants-chercheurs. Notons que sur le site de Grenoble quelque 2 000 étudiants et doctorants sont formés dans les diverses disciplines relevant des micro et nanotechnologies.
Au total, 35 millions d'euros seront investis dans la formation dans le cadre du programme Minatec.


Le 300 mm opérationnel au CEA-Léti
Le CEA-Léti les attendait avec impatience : les premières machines 300 millimètres feront leur apparition dans les nouvelles salles blanches du centre novembre dernier.
Pour Mehdi Moussavi, responsable du projet Nanotec 300, cette nouvelle génération d’équipement permettra de préparer l’avenir : “pour vendre toujours moins cher, les industriels fabriqueront bientôt leurs circuits intégrés sur des tranches de silicium d’un diamètre de 300 mm, au lieu de 200 actuellement. L’intérêt consiste à produire plus de puces sur chaque tranche.” Face à cette tendance lourde de l’industrie, le Léti devait impérativement acquérir un savoir-faire en R&D sur ce type de machines.
L’investissement nécessaire est important (400 millions d’euros sur cinq ans), mais tout a été prévu pour optimiser ces acquisitions : chaque machine est ainsi compatible 200 et 300 mm, ce qui permet de réaliser chaque test sur le format le plus économique.

Environnement Minatec

Memscap achète Opsitech
Après avoir acquis la société israélienne GalayOr, spécialisée dans l’optique, Memscap, fabricant grenoblois de Mems annonce le rachat d’une autre PME grenobloise, Opsitech, spécialiste de l’optique intégrée associée aux Mems. Cette acquisition, soutenue par le CEA-Léti, dont Opsitech a essaimé, permet à Memscap d’accéder au portefeuille de propriété industrielle développé par le laboratoire public dans le domaine des technologies de l’optique intégrée sur silicium.

Tronic’s : 1 250 m2 à Crolles
Tronic’s Microsystems, autre fabricant grenoblois de Mems, a inauguré fin octobre 2003 sa nouvelle unité de production, à proximité de STMicroelectronics, Philips et Motorola à Crolles 2. Avec une capacité de 10.000 wafers de 100 mm par an, ce site va permettre à cette start-up essaimée du CEA-Léti de quadrupler ses volumes de production.

Agenda

Les micro et nanotechnologies en 2003 : quelles avancées, quelles perspectives ? Séminaire organisé par l’Observatoire des micro et nanotechnologies. Les cinq thématiques couvertes par l’Observatoire (nanotechnologies, électronique moléculaire, instrumentation pour la biologie, matériaux et composants pour l’optique et microsources d’énergie) seront l’objet de présentations en deux parties. La première fera le bilan de l’année écoulée, mettant en lumière les avancées scientifiques majeures, les tendances et les échecs. La seconde se focalisera sur l’avancée où la tendance de l’année retenue par les experts et en fera l’état des lieux. A Paris, le 29 janvier 2004.
Contact : 04 38 78 20 70 - OMNT@cea.fr
www.minatec.com/actualite/omnt2003.htm

Forum Biotech Innovation : " du savoir à la valeur".
Séminaire organisé par l’ADEBAG, Grenoble Ecole de Management et l’Université Joseph Fourier sur le thème de la valorisation des connaissances et des compétences liées au développement des biotechnologies.
A Grenoble le 30 janvier 2004.
Contact: www.adebag.org

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La Lettre d'Information du Pôle d'Innovation Minatec est éditée par l'Agence d'Etudes et de Promotion de l'Isère.
Directeurs de publication : Paul Jacquet (INP Grenoble), Jean Therme (CEA)
CEA Grenoble. Coordination: SGP, AEPI - Comité de rédaction : Equipe Projet Pôle Innovation.
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Photos : INP Grenoble, CEA, X, DR, ....