L'ypérite est un gaz de combat utilisé pendant la première guerre mondiale qui reste d'actualité à travers une possible utilisation à des fins terroristes. Ce produit chimique induit de graves brulures dans la peau ainsi que dans les poumons. Il est aussi associé à l'apparition de cancers. La formation de dommages de l'ADN, en particulier de produits d'addition sur les bases nucléiques, est un des mécanismes d'action de l'ypérite au niveau moléculaire.
L'ypérite est un gaz de combat utilisé pendant la première guerre mondiale qui reste d'actualité à travers une possible utilisation à des fins terroristes. Ce produit chimique induit de graves brulures dans la peau ainsi que dans les poumons. Il est aussi associé à l'apparition de cancers. La formation de dommages de l'ADN, en particulier de produits d'addition sur les bases nucléiques, est un des mécanismes d'action de l'ypérite au niveau moléculaire. Bien qu'en partie pris en charge par des systèmes de réparation, ces dommages peuvent s'accumuler et entraîner la mort cellulaire ou, en cas de survie de cellules portant un génome dégradé, induire des mutations. Il importe donc de mieux connaitre les liens entre dose d'ypérite, quantité d'adduits, efficacité de la réparation et apparition de symptômes.
C'est cette thématique qu'abordera la thèse, dans un travail associant le laboratoire « Lésions des Acides Nucléiques » (INAC/SCIB) du CEA-Grenoble et une équipe du Département de Toxicologie de l'Institut de Recherche Biomédicale des Armées (IRBA, Grenoble). La première partie du travail consistera en la mise au point d'une méthode de mesure des adduits de l'ypérite à l'ADN par chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse. Cet outil sera ensuite utilisé dans des études chez le petit animal exposé à l'ypérite par voie cutanée. Des relations dose/effet seront recherchées entre le niveau de dommages à l'ADN et la sévérité des symptômes. Ces résultats seront complétés par des études de cinétiques de réparation de l'ADN. Enfin, des mesures seront réalisées dans l'ADN d'organes internes, l'ypérite ayant la propriété de diffuser à travers la circulation sanguine.
Le travail de thèse présentant un fort caractère interdisciplinaire, les compétences des candidats pourront être de plusieurs types. Les études menées étant centrées sur le petit animal, des biologistes ou biochimistes étant déjà familiers avec l'expérimentation animale seront appréciés. Ils seront formés au sein de l'équipe LAN pour la partie analyse. A l'inverse, des chimistes analytiques peuvent s'engager, en ayant conscience qu'une formation pour le travail sur animal sera nécessaire et prodiguée par l'équipe de l'IRBA.